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Il arrive que des accompagnements se soldent par un échec...

A l'arrivée d'un jeune au Refuge, il s'engage par la signature d'une charte à respecter certaines règles nécessaires à sa réussite : être assidu et volontaire dans ses recherches d'emploi, être présent à ses entretiens et aux rendez-vous pris par l'équipe, être respectueux des bénévoles mais aussi de nos partenaires, respecter aussi le studio gracieusement mis à sa disposition... Quelques règles de savoir vivre élémentaires !

G. est arrivé au Refuge il y a sept mois, après un parcours d'errance et de prostitution. L'équipe s'est mobilisée autour de lui : bénévoles, psychologue, musicothérapeute, conseillère de la mission locale... Les règles lui ont été clairement présentées puisque la charte a été signée. Sans doute était-ce le soulagement d'avoir trouvé un toit, de la nourriture, une écoute, un accompagnement... Tout cela, assuré bien entendu par des bénévoles.

Mais la bonne volonté n'est parfois que de courte durée... G. a trouvé, grâce à notre référente à la Mission locale, une formation en vente. Rémunérée ! Quelle chance, surtout lorsque l'on a ni nourriture ni loyer à payer ! Formation à laquelle il ne s'est présenté que de rares fois, prétextant n'avoir pas d'intérêt à suivre les cours et les stages proposés, et s'étonnant ensuite de n'être pas rémunéré dans les temps. La directrice nous a téléphoné en urgence, car G. l'avait insultée et menacée et, refusant de quitter les lieux, avait du faire appel aux forces de l'ordre. Dommage, dites-vous ?

Ce n'était pourtant que le début... Notre psychologue, bénévole elle aussi, s'est vu poser des lapins à répétition et sans aucune raison valable. G. ne daignait plus être présent lors de nos permanences d'accueil, comme tous les autres jeunes le font pourtant avec plaisir. Son petit studio a été négligé et endommagé. Le Refuge a réglé des factures d'électricité astronomiques et, régulièrement, nous devions exiger que le ménage soit fait. A force de répandre de l'eau et de surchauffer, un mur a même moisi ! Ce bien est pourtant d'une grande valeur : d'autres jeunes ont été tellement heureux d'y séjourner, et d'autres encore le seront par la suite... C'est pourquoi nous sommes très vigilants sur le respect des lieux.

Devant l'attitude de G., plusieurs bénévoles ont baissé les bras. La mission locale des jeunes a tiré la sonnette d'alarme. La vie quotidienne a empirée : chaque samedi matin, nos bénévoles prennent de leur temps pour aller chercher des colis alimentaires qui assurent les repas pour toute la semaine. Nous demandons donc à un jeune de nous accompagner. Mais pour G., c'était un effort de trop.... Les nuits en boites nécessitaient la grasse matinée du samedi. Aussi, nous devions le réveiller pour lui livrer ses colis.

Un sursaut de présence a été observé lorsque les média se sont intéressés au Refuge. G. a alors supplié l'équipe de le laisser témoigner, avant de passer de longues heures sur son blog à visionner ses prestations. Nous pensions naïvement que ces témoignages lui permettraient peut-être de prendre conscience de sa situation, et le pousseraient à réagir positivement... Peine perdue. Il crie aujourd'hui haut et fort que nous l'avons instrumentalisé.

Le reste du temps, nous devions gérer ses prises de risques à répétition, ses altercations avec des ex petits amis ou des clients... Bref, suivre G. devenait impossible. Nous avons donc tapé du poing sur la table et rappelé nos conditions d'accueil, mais aussi fixé de nouveaux objectifs. Nous l'avons adressé vers une autre structure et une place en hôtel social lui a été proposée, place qu'il a refusée. Aucun des engagements n'a été respecté et, pire, l'équipe et les autres jeunes en suivi ont commencé à subir des insultes et des menaces. Nous avons donc pris, au bout de sept mois de patience, de présence, de relance, la décision de cesser cet accompagnement.

A ce jour, G. et quelques comparses continuent d'abreuver le site internet de l'association d'insultes et de menaces ; mais aussi de chercher à dénigrer l'association auprès de nos partenaires. Sur la quarantaine de jeunes accueillis par le Refuge, jamais un suivi n'a présenté autant de problèmes. Et pourtant, 7 mois, ce n'est pas rien. Le blog de G. a été supprimé par les services juridiques de SKYBLOG pour diffamation. Les menaces et les insultes continuent...

Cet accompagnement est un échec cuisant pour notre équipe. Les listes d'attente sont longues. Des jeunes en demande, qui veulent réellement s'en sortir, nous sollicitent régulièrement. Voilà comment la main qui nourrit est parfois mordue !

   
 
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