Tu es victime d'homophobie ou de transphobie ?
Ta famille ne te comprend pas, tu es rejeté ?
Tu ne sais pas vers qui te tourner ?

Le refuge qui accueille les jeunes homos, submergé d’appels

Le refuge qui accueille les jeunes homos, submergé d’appels

  • Publié le : 01 avril 2013
  • Depuis le débat sur le mariage pour tous, le nombre d’appels à l’aide a bondi de 70 à 400. Les jeunes homos fuient parfois leurs familles où la parole homophobe semble libérée.

    «Les tensions homophobes sont passées de palpables... à manifestes depuis la loi du mariage pour tous», assure Nicolas Noguier, le président du Refuge, une association qui vient en aide aux jeunes homos harcelés.

    Présent à Montpellier, Paris, Lyon, Toulouse, Marseille, Narbonne, Nîmes, Lille et Saint Denis de la réunion, le Refuge offre un ébergement, un soutien social et psychologique aux victimes d’homophobie.

    Tandis que la situation se durcit au rythme du militantisme des «antis», la peur gagne doucement chez les très jeunes homos.

    En effet, les appels de jeunes effrayés ont quintuplé cette année passant de 70 à 400, dommages collatéraux du débat législatif sur le mariage pour tous, qui a décomplexé une partie de la population. «Dorénavant, certains assument au grand jour une homophobie jusqu’ici latente», selon Nicolas Noguier. «Les manifs et les discours ont libéré la parole dans les familles. Et beaucoup de jeunes appellent parce qu’ils «comptaient le dire à leurs parents», mais «ont préféré faire marche arrière». Et qu’ils se sentent acculés.

    Dommages colatéraux

    Antoine, un jeune homme de 19 ans le visage angelique, la voix douce, était au l’espace des Blancs Manteaux, le jour où les gros bras du «Printemps français» sont venus tout saccager. «Cela fait peur de se dire qu’on vit dans une société comme celle-ci». Alors que catholiques traditionalistes, identitaires, jeunes du GUD ,figures du FN, Civitas, ainsi que le Printemps Français, se sont donnés rendez vous à Paris ce jeudi 18 avril.

    Au Refuge, chacun évoque des tensions nouvelles. Notamment dans «les villes reculées, parfois plus touchées par l’homophobie de par l’incompréhension que peut susciter l’homosexualité, explique Nicolas Noguier. Mais attention, il ne faut pas se leurrer, les grandes villes ne sont pas à l’abri du rejet et de la stigmatisation, ou de l’homophobie rampante».

    «Il y a une démarcation entre le Nord et le Sud, dans le Sud la parole est plus décomplexée, sans retenue, comme banalisée. Le racisme et l’homophobie sont présents», assure Christophe. «Le milieu homosexuel se dissimule souvent. Et il s’agit de régions ou l’extreme droite est ancrée, et j’y vois un lien.»

    Au Sud, la parole homophobe est décompléxée

    Thomas, a vu sa situation évoluer à Paris. «Malgré les petites insultes à caractère homophobe quand j’étais plus jeune, je n’ai jamais eu l’impression de faire parti d’une minorité. C’est maintenant le cas depuis que le débat sur la mariage a commencé. Ce sentiment est affreux.»

    Les partisans du NON nous infligent «une existence malaisée», renchérit Antoine. Une angoisse. «les insultes sont blessantes, le mot “PD” semble anodin mais quand tu l’entends toute la journée, cela ne l’est pas. Il n’y a pas de vie tranquille», détaille Antoine.

    «Les gens ne mesurent pas la limite de leurs mots et beaucoup de jeunes homosexuels aujourd’hui se suicident à cause de cela. Moi j’y ai deja pensé. Sans le Refuge je ne serais peut-être pas là», avoue t-il péniblement.

    31 ans après la dépénalisation en France par Francois Mitterand, 23 ans (17 mai 1990) après sa suppression de la liste des maladies mentales par l’OMS, il se demande de quoi sera fait demain. S’il a peur, ce n’est pas une peur du lynchage, mais du soubresaut nationaliste. «Ce n’est pas étonnant que certains de ces mouvements soient homophobes, ce qui l’est c’est qu’en 2013 ce type de mouvements existe encore».

    (Avec Street Press, école de journalisme gratuite parrainée par le Figaro Etudiant )

    Publié le 18/04/2013 à  16:56 - Voir l'article sur le site officiel

    Figaro Etudiant - Par Kotelnikoff Béart Laura

    Tags

    #Presse
    logo


    24h/24 et 7j/7
    06 31 59 69 50

    Si vous continuez à utiliser notre site sans changer vos paramètres, vous consentez à l'utilisation de cookies sur notre site.
    Découvrez comment fonctionnent les cookies et comment changer vos paramètres.