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François

François a été orienté par la Mission Locale des Jeunes de Perpignan.

Marco

Marco est un jeune de 23 ans appartenant à la communauté des gens du voyage.

Rafik

Rafik est un jeune garçon de 19 ans, d'origine algérienne, résidant à Montpellier.

Stéphane

Stéphane est un jeune garçon de 24 ans qui a été orienté vers notre structure par la Mission Locale des Jeunes de Sens en Bourgogne.

Mickaël

Mickaël est un jeune garçon de 19 ans.

Marjorie

Marjorie et Corinne ont été orientées vers Le Refuge par une association sétoise gestionnaire d'un centre d'hébergement et de réadaptation sociale.

Franck

Franck est un enfant adopté, âgé de 19 ans.
Il est originaire d'Angers où il résidait au sein d'un Foyer de Jeunes Travailleurs (JFT).

Damien

Damien est un jeune garçon de 19ans, originaire d'une cité de la région parisienne, Damien est en situation de mal-être et d'isolement du fait de son homosexualité.

Malek

Malek est un jeune garçon de 20 ans, français d'origine marocaine.

Benoit

Benoit a été portée à notre connaissance par l'intermédiaire d'un témoin qui l'a trouvé en pleurs à Avignon.

Jordan et Matthieu

Il s'agit d'un tout jeune couple orienté vers notre structure par un travailleur social.

Julien

Julien est un jeune garçon de 19 ans qui est entré en contact avec notre structure par l'intermédiaire de notre site Internet.

François de Paris

François nous a contacté par un courrier électronique intitulé "adolescent en recherche de repères".

Manuela

Manuela est une jeune fille de 19 ans, en couple, qui manifeste des inquiétudes quant aux réactions de ses parents vis à vis de son homosexualité.

Christophe

Christophe est un jeune garçon de 24 ans qui a été orienté vers notre structure par une assistante sociale de Paris.

Les contributions du Refuge

Seule association reconnue d'utilité publique dans le cadre de la lutte contre l'homophobie et la transphobie, l'association nationale LE REFUGE est régulièrement solicitée pour participer à des groupes de travail officiels ou des conférences nationales.

Vous retrouverez ci dessous l'ensemble des contributions proposées par notre association.

L’Hébergement

L'hébergement : mission prioritaire du Refuge

Les jeunes qui arrivent dans nos structures le font suite à une exclusion contrainte de leur milieu de vie. Mis à la rue du jour au lendemain, ils se retrouvent sans repères familiaux ni ressources financières, et avec une projection dans l'avenir pessimiste et incertaine. 
Le Refuge s'engage en priorité à les mettre en sécurité au sein d'appartements-relais ou d'hôtels partenaires, dans un cadre rassurant et sécurisant. Chaque soir, des bénévoles se relaient pour rendre visite aux jeunes, afin de s'assurer du bon fonctionnement de la vie en collectivité et partager un moment privilégié d'intimité avec les jeunes. 

En 2013, les 70 places d'hébergement ont permis d'accueillir 202 jeunes. 21 532 nuitées ont été comptabilisées, 15 347 en appartement ainsi que 6 185 en hôtel, sur l'ensemble du territoire français, outre-mer compris. 

La ligne d'écoute du Refuge

LESAGE VERONIQUELa ligne d'écoute du Refuge est joignable par appel ou par SMS au 06 31 59 69 50 répond 24 h / 24 et 7 j / 7 sans interruption.

Elle permet d'établir un premier contact avec les jeunes LGBT victimes d'homophobie familiale ou de mal-être dû à leur orientation sexuelle. Véronique, qui est en charge de cette ligne, fait toujours preuve d'une écoute bienveillante et tente d'établir dès les premiers échanges une relation de confiance pour évaluer la situation du jeune, afin de l'orienter au mieux.

Faire un don

L’Association Le Refuge étant reconnue d’utilité publique, vos dons bénéficient d’une réduction d’impôt de 75 % dans la limite de 526 euros par an. Pour la part au-delà de cette somme, la réduction est ramenée à 66 %.

Par exemple, un don de 100 euros vous donne droit à une réduction d’impôt de 75 euros. Un don de 800 euros vous donne droit à une réduction d’impôt de 578 euros (526 × 75 % + [800 - 521] × 66 %)

L’administration fiscale plafonne le montant de la prise en compte de votre don à hauteur de 20 % de votre revenu imposable annuel.

Par exemple, si votre revenu imposable annuel est de 26 000 euros, le montant maximum pris en compte est de 5 200 euros.

Si vous ne souhaitez pas faire un don en ligne, vous pouvez toujours utiliser le formulaire ci-dessous et nous le retourner par la poste :

Faire un leg ou une assurance vie

La donation et le legs sont des dons gratuits (des "libéralités") ; la donation est réalisée du vivant du donateur ; elle doit faire l'objet d'un acte authentique (devant notaire) sous peine de nullité. Le legs peut faire l'objet d'un acte authentique mais peut également faire l'objet d'un simple écrit (testament olographe). La donation et le legs se distinguent du don manuel en cela qu'ils ne peuvent bénéficier qu'à certains types d'associations et sont soumis à une formalité de déclaration auprès de l'autorité administrative.

Le Refuge, en tant qu'association reconnue d'utilité publique par le décret du 16 août 2011, peut recevoir des legs ou être bénéficiaire d'une assurance vie.

Pour plus de renseignement : Envoyer un email à l'avocat

L'accompagnement

La prise en charge proposée par les équipes du Refuge, travailleurs sociaux et bénévoles, est pluridisciplinaire et gratuite. Il s'agit de permettre aux jeunes d'acquérir progressivement, après une étape de stabilisation, une vie autonome et indépendante de toute intervention extérieure. 

Lettre de Romain M.

Dimanche 6 juillet 2014,
À Paris

Je ne pouvais me permettre de quitter Le Refuge sans y laisser couler un peu d'encre. Quel drôle de nom pour signifier un havre, un havre de paix où se croisent des jeunes au passé atypique et douloureux, des bénévoles qui donnent de leur temps, et une équipe éducative qui opère à offrir un avenir viable.

Témoignage de Julien T.

Je suis né le 2 juillet 1994 en Seine-et-Marne, dans une petite ville qui s’appelle Salins. J’y ai habité jusqu'à l’âge de mes 10 ans, mais tout n’était pas rose. J’ai vécu pendant ans ans sous les violences et les menaces de mon père qui était alcoolique ; ma mère était soumise à mon père.

Témoignage de Mathieu

Je m’appelle Mathieu*, je suis né en Espagne où j’ai vécu quelques années. J’étais un enfant très solitaire, mes parents travaillaient beaucoup, une enfance comme tant d’autres, à part l’alcoolisme de mon père qui nous a fait vivre, à mon frère et moi, de nombreuses scènes de violences conjugales.

Témoignage de Gildas

J'ai compris que j'étais homosexuel quand j'ai eu 18 ans. C'était à mon entrée au lycée. Certains de mes amis assumant déjà leur homosexualité, et étant déjà eux-mêmes acceptés malgré tout par d'autres amis en commun, y compris au lycée, j'ai donc assumé mon homosexualité sans difficulté pour ce qui était du lycée.

Témoignage de Denise

Je m'appelle Denise, j'ai 21 ans. Ayant eu une enfance difficile, je fais ce témoignage afin d'aider les personnes homosexuelles qui n'arrivent pas à s'assumer.

Témoignage de Victoire

Tout a commencé il y a six ans, au divorce de mes parents, le 27 décembre 2008. À partir de ce jour-là, un vide se crée en moi. Je ne vais quasiment plus à l'école, mon père ne dit plus rien, il se sert de ma sœur et moi pour enfoncer ma mère. Un tiraillement terrible.

Témoignage de Loïc

Bonjour, je suis un jeune homme qui s'appelle Loïc et j'ai aujourd'hui 18 ans. Je suis accompagné par Le Refuge à distance. J'habite près de Montpellier depuis toujours et je vais vous raconter mon histoire !

Témoignage de Jordan

Le jour où ma vie a basculé, je m'en rappellerai toujours, c'était le 21 juin 2009. Ce jour-là, je me suis pleinement assumé comme gay. Cela faisait déjà plus d'un an que j'en étais conscient, mais je n'osais pas en parler, sûrement par lâcheté. Je voyais bien comment les homos étaient traités chez moi.

Témoignage de Romain

J'ai eu une enfance avec une mère très prise par le travail, mais présente malgré tout, et un père totalement absent, parti à mes huit mois. Je suis issu de deux familles aux coutumes différentes : une mère algérienne, musulmane pratiquante, et un père gitan. Bref, avec le temps, on grandit et on se fait une raison. Puis les années passent. Jamais une fille ne m'a attiré. Depuis mon plus jeune âge, je savais que j'étais gay.

Message d'Adrien (2013)

Bonjour,
Je m'appelle Adrien et j'ai 17ans. J'ai besoin de conseils mais j'ignore à qui m'adresser et j'ai préféré le courriel que le sms à cause d'un long courrier. Je suis l'un de ces nombreux jeunes de la manif contre les homos et mes parents sont de fervents opposants. Mes parents ignorent que je suis homo. J'ai fait la connaissance, en juillet, d'un garçon. Je vous passerai toutes les circonstances jusqu'à notre premier vrai rendez-vous en septembre. C'était la première fois que je faisais le mur et je suis toujours aussi nerveux et anxieux à chaque fois. Nous sommes restés aux environs de la maison, à discuter.

Témoignage d'Alex

Je m'appelle Alex, j'ai grandi dans une famille de trois enfants. Je suis le benjamin de la famille, j'ai toujours été bon élève, la réussite de mes parents. J'étais, et je suis toujours, la fierté de cette famille d'ouvriers issue du Nord. 

Témoignage d'Alain

Abandonné à la naissance, j'ai été placé en famille d'accueil à l'age d'un an. Je voyais ma famille biologique de temps en temps, lors de visites encadrées. J'ai pu aller chez ma mère un week-end par mois, mais ça se passait très mal et elle nous battait, mes sœurs et moi : à mes 11 ans, les visites ont été arrêtées sur ordonnance du juge.

Témoignage d'Angelo

Je m'appelle Angelo, j'ai 21 ans. Je vivais dans une famille assez déchirée à la base, entre mon père qui est parti quand j'avais 4 ans et ma mère qui buvait, beaucoup, entre 1 à 2 bouteilles de mousseux - mais bon, c'est ma famille.

En septembre 2009, j'étais en BEP électrotechnique où j'avais des amis avec qui je parlais bien. Un jour que je me trouvais avec une amie et son copain, ce dernier a fait une crise parce qu'il pensait que je draguais sa copine. Mais un ami à moi lui a dit que j'étais gay... Il s'est empressé d'aller le dire à tout le monde et, pendant 2 mois, j'ai reçu des insultes de la part de tous les élèves de ma classe, ainsi que des professeurs.

Témoignage de Michel

J'ai grandi dans un climat familial assez difficile, mes parents se disputaient énormément ! J'étais un jeune garçon très réservé, renfermé, en retard scolaire. J'ai donc été suivi par une éducatrice et mis en classe spécialisée.

Je ne me suis jamais posé de questions vis-à-vis de ma sexualité. Pour moi, c'était comme une évidence.

Le témoignage de Jessy

Mes parents ont divorcé dès ma naissance. À partir de ce jour, ma mère m'a empêché de voir mon père. Petit à petit, en grandissant, j'en ai énormément souffert. Il est décédé lorsque j'avais 10 ans, et depuis je ressens un énorme vide en moi.

Le témoignage de Thomas

Depuis l'école primaire et particulièrement au collège, j'ai souffert de surpoids. C'était pour mes camarades une opportunité de moqueries et, durant toute ma scolarité, je fus sujet à un rejet violent de la plupart des enfants que je côtoyais à l'école. Ce surpoids fut le premier obstacle que je dus affronter afin d'être accepté par les autres. J'ai décidé de commencer un régime à la fin du collège, perdis énormément de poids et, alors libéré d'un lourd fardeau et prêt à commencer une nouvelle vie, dû me confronter à un problème nouveau. Ce problème, aussi, provoquait le dégoût chez la plupart de mes camarades de classe.

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La ligne d'écoute du Refuge :

La ligne d'écoute du Refuge est joignable par appel ou par SMS 24 h / 24 et 7 j / 7 sans interruption.
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L'accompagnement

Il s'agit de permettre aux jeunes d'acquérir stabilité, autonomie et indépendance de toute intervention extérieure.
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L'hébergement

Le Refuge s'engage en priorité à les mettre en sécurité au sein d'appartements-relais ou d'hôtels partenaires.

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Les contributions

Dans le cadre de la lutte contre l'homophobie et la transphobie, nous sommes régulièrement solicitée pour participer à des groupes de travail officiels ou des conférences nationales.

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Les travailleurs sociaux

Permettre aux jeunes d'acquérir stabilité, autonomie et indépendance de toute intervention extérieure travail quotidien pour les travailleurs sociaux.
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Les interventions en milieu scolaire

En mai 2010, l'association a obtenu la reconnaissance d'un agrément autorisant les interventions en milieu scolaire. Cet agrément ouvre la voie aux interventions dans les lycées du Languedoc-Roussillon. Elles ont été intensifiées et touchent désormais le Languedoc-Roussillon, l'Île-de-France et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

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Les témoignages des jeunes

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Les travailleurs sociaux, acteurs essentiels du Refuge

Avant d’intégrer le Refuge, beaucoup ont déjà travaillé dans des dispositifs d’hébergement d’urgence; certains ont également accompagné des personnes en situation de handicap; d’autres encore des enfants autistes ou souffrant de troubles du comportement; et ils sont nombreux à avoir travaillé à l’étranger avant d’intégrer l’association. Les gages d’une ouverture d’esprit et d’un savoir-faire que les travailleurs sociaux ont largement l’occasion d’exploiter au Refuge.

Lorsque les jeunes arrivent au Refuge, parler est généralement la première chose dont ils ont besoin. Raconter leur histoire à quelqu’un de bienveillant qui ne les jugera pas, qui leur assurera qu’ils n’ont rien fait de mal, qu’ils ne sont pas un problème, qu’ils ne sont pas un sujet de moquerie. Contrairement à ce qu’ils ont entendu.
Le travailleur social est souvent celui qui recevra en premier – avant même les psychologues de l’association – les bribes de ces jeunes vies malmenées :

« Il faut être patient et à l’écoute. L’écoute est primordiale, car sans vigilance, certains éléments importants peuvent nous échapper » (Laura, CESF à la délégation de Paris).

Le travailleur social du Refuge œuvre dans l’ombre – notamment parce que sa discrétion est plus que nécessaire. Pour autant, il est bel et bien une pierre angulaire de la reconstruction sociale des jeunes entrant dans le dispositif. Il les accompagne, dès leur arrivée, dans leurs premières démarches administratives. Nombreux sont ceux à avoir été littéralement projetés dans une vie d’adulte sans préparation, sans avoir toutes les clés. Il faut alors les aider à faire valoir leurs droits, à obtenir des aides sociales lorsque c’est possible, leur organiser les visites médicales qu’ils n’ont pas eues, éventuellement à lancer les démarches pour obtenir la couverture maladie universelle… Une première étape qui peut s’avérer très compliquée lorsque le jeune a précipitamment quitté le domicile de ses parents, y ont abandonnant l’essentiel de ses papiers (pièces d’identité, carte vitale…), ou qu’il vit depuis longtemps à droite ou à gauche, parfois à la rue.
C’est généralement durant cette étape que le travailleur social et le responsable de la délégation ou de l’antenne tentent une médiation avec la famille. Avant d’intégrer Le Refuge et de travailler avec des jeunes victimes de l’homophobie familiale, certains travailleurs sociaux, à l’instar de Laura, n’imaginaient même pas que « le rejet des familles en raison de l’orientation sexuelle existait ».
Certains parents ont pu en effet avoir une réaction épidermique de rejet, confrontés parfois de façon tout à fait inattendue à l’annonce de leur enfant et au renoncement du futur qu’ils lui avaient imaginé, et finalement retrouver leur calme, regretter amèrement leur attitude et accueillir de nouveau leur enfant. Dès lors, Le Refuge met en place un suivi du jeune pour s’assurer que le retour en famille se passe bien.

« Je pensais que les jeunes allaient avoir moins de difficultés sociales »

Mais trop souvent, cette tentative de médiation échoue, et le rejet semble définitif, s’accompagne parfois de menaces de violence ou de mort prises très au sérieux. Alors, c’est un travail dans la durée qui est mis en place, le travailleur social le sait.
Lorsque le jeune a pris ses marques, vient rapidement le temps de l’élaboration du projet éducatif ou professionnel. L’expérience de l’homophobie ou de la transphobie à l’école, ou dans la famille, n’aide pas, l’on s’en doute ; alors, certains ont abandonné leur cursus scolaire, sont sans diplôme ni formation ; d’autres doivent dénicher les bourses qui leur permettront de poursuivre leurs études… Quoi qu’il en soit, beaucoup font leur entrée au Refuge sans ressources financières et donc sans possibilité d’être autonomes.
Les travailleurs sociaux, au fil de plusieurs entretiens, définissent avec eux, ce que pourrait être leur projet de vie. En chemin, les jeunes devront peut-être renoncer à certains rêves – ou du moins les remettre à plus tard, car l’objectif des travailleurs sociaux est de les accompagner vers l’indépendance, notamment financière, un objectif qui n’est pas toujours assimilé, certains ayant du mal « à comprendre qu’il s’agit d’accompagnement et non d’assistanat », explique Ségolène, qui s’empresse d’ajouter que « les objectifs du Refuge sont bien l’insertion et l’autonomie ». Une opinion évidemment partagée par Jean-Baptiste et, plus généralement, par toutes les équipes du Refuge : « Ce que je recherche, c’est les mener à l’autonomie. Je les accompagne avant de les lâcher un peu – tout en supervisant bien sûr ».
Pour atteindre cette indépendance, le réseau institutionnel et associatif (aux échelles nationale et locale) que le travailleur social a développé et entretient est d’un grand secours. Rechercher avec le jeune hébergé les formations qu’il pourrait suivre, lui apprendre à rédiger un CV ou une lettre de motivation, le conseiller sur l’attitude à adopter au moment d’un entretien d’embauche, l’entraîner à se présenter et à défendre ses compétences, lui apprendre à cibler ses recherches d’emploi… autant d’objectifs que le travailleur social fixe au jeune, aidé de ses nombreux partenaires. Non sans difficulté parfois, car apprendre à devenir adulte en suivant une méthode nécessairement accélérée peut s’apparenter à une confrontation avec la réalité : « Quand un jeune a été longtemps en errance, le plus difficile est de l’inscrire dans un projet de vie. Certains peuvent ne pas savoir où ils veulent aller » (Laura)
Surtout que le contexte économique est, comme chacun le sait, difficile. « L’accompagnement professionnel est compliqué et malheureusement, je n’ai pas de baguette magique. Je me sens parfois démuni… le marché du travail est difficile », explique Jean-Baptiste. Ce d’autant que l’homophobie ambiante ne facilite pas le recrutement. « Lutter contre l'homophobie sur le plan local est l’une de nos plus grandes difficultés », reconnait Emmanuel, CESF Bénévole à l’antenne de Perpignan. Elle actualise un rejet qui a déjà ébranlé les jeunes, la plupart menant par ailleurs une véritable lutte pour restaurer l’image dégradée qu’ils ont d’eux-mêmes. Et le rejet est pire encore lorsqu’il s’agit de jeunes trans’, comme peut en témoigner Laura : « La transidentité complique l’intégration dans le milieu professionnel et les propos peuvent être très violents ». Pourtant, pas question de baisser les bras, les travailleurs sociaux y veillent.

Enfin, vient la dernière étape, celle de l’accès au logement, car l’hébergement au Refuge ne peut durer qu’un temps, du fait des demandes toujours plus nombreuses. Là encore, la réalité n’est pas toujours facile à appréhender : « Quand un jeune a un travail en apprentissage ou à temps partiel – donc avec une faible rémunération – et souhaite louer un appartement de 50 m2 en centre-ville, il est parfois difficile de lui faire prendre conscience de la réalité du marché immobilier… » (Ségolène)
Et l’on connait en outre la légendaire frilosité des bailleurs qui ont des exigences parfois assez délirantes en matière de garanties… Alors lorsqu’arrivent des jeunes dont les parents ne se porteront pas garants… Il faut là encore se battre, trouver parfois des solutions transitoires, le temps que le jeune puisse enfin accéder à un logement.

« Quand un jeune a un travail stable, réussit à renouer un lien avec sa famille et se sent bien dans sa peau, c’est déjà énorme »

Dans le secteur social, les occasions de se réjouir ne sont pas toujours légion, alors, comme l’explique si clairement Ségolène, « dès qu’une issue est positive, lorsqu’un jeune a pu trouver un emploi et parfois aussi un logement grâce aux outils mis en place par le Refuge, l’équipe est forcément fière », avant d’ajouter : « Fière également lorsque les jeunes restent en contact avec nous, car c’est la preuve qu’un lien de confiance s’est tissé. C’est également bien pour les nouveaux hébergés de voir la réussite des anciens ». Car au-delà de l’hébergement, un accompagnement est toujours proposé et les anciens hébergés sont toujours invités à revenir. Enfin, il y a quelques mois déjà, un ancien hébergé du Refuge, Mehdi, a monté une association – l’Amicale des jeunes du Refuge (AJR) dont l’un des objectifs est de proposer aux jeunes qui ont quitté le dispositif de rester en contact et de conseiller ceux qui arrivent...

Comment devient-on CESF ?

Un conseiller en économie sociale et familiale (CESF) forme ou informe dans tous les domaines de la vie quotidienne, de manière à lutter contre l’exclusion. Il peut travailler dans les structures médico-sociales, les associations, en mairie, au conseil général, etc. Le DECESF (diplôme d'État de conseiller en économie sociale et familiale) est obligatoire pour exercer. Il peut notamment se préparer en un an en suite d’un BTS. Après l’obtention de son diplôme, Ségolène, travailleuse sociale à la délégation lyonnaise du Refuge, a fait deux années de volontariat auprès de personnes en situation de handicap à l’étranger ainsi qu’une expérience dans un dispositif d’hébergement d’urgence. Ségolène fait partie des sept salariés CESF de l’association, en poste à Toulouse, Montpellier, Marseille, Lyon, Lille et Paris. Ils sont aidés par cinq ou six bénévoles. Avant d’être conseiller à l’antenne de Perpignan, Emmanuel a été l’un d’eux. Une première approche qui lui a été bénéfique : « Mon bénévolat au sein du Refuge m'a permis de développer mes connaissances concernant le public LGBT, la prise en charge de l'urgence, la notion d'hébergement d'urgence, le travail sur la prévention des conduites à risque... ». Mais tout le monde ne peut pas s’improviser CESF.

« Le travail social reste une vocation, je ne pense pas que tout le monde peut le faire, conclut Laura de la délégation parisienne. Ça ne s’improvise pas. »

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